Alexis Berg

Le Trail, à la recherche des limites.
Courir, marcher, s’enfuir dans une forêt, s’évader vers les sommets. Le trail est ce sport qui s’empare d’une chose simple dans un monde compliqué : la course dans la nature. En quelques années, la version sauvage du running est devenue un phénomène profond en Europe, aux États-Unis, en Asie. Basiquement, le trail se développe là même où la vie moderne cloisonne les existences, éloigne les gens de la nature, de leur corps ; là où l’horloge du travail confisque le fil du temps. Pour ceux qui plongent soudain, le trail est souvent vécu comme une bouffée d’oxygène, un geste de liberté. Une quête personnelle dans un quotidien qui manque d’aventures.

Ce sont les plus longues distances qui fascinent les traileurs. Au-delà de 80 kilomètres, on parle de courses d’ultra. Ce sont ces ultra-trail que je photographie depuis quelques années. Situées dans de merveilleux espaces naturels, ces courses rassemblent jusqu’à des milliers d’intrépides anonymes. Pendant 20, 30, 50 heures, ils explorent leurs limites, se confrontant aux autres, mais surtout à eux-mêmes.
Il y a deux distances qui m’intéressent. L’image lointaine, quand l’homme est un point égaré dans la grandeur. Et la proximité des regards, fuyants ou perçants, le portrait des émotions qui s’étalent.

 

 

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Né en France en 1986, Alexis Berg a étudié le journalisme en Bretagne (IUT de Lannion). Il s’installe ensuite à Paris et poursuit des projets littéraires et éditoriaux. Il commence la photographie en 2009. Cinq ans plus tard, il se spécialise dans le trail, la course à pied en milieu naturel. Publié par une douzaine de magazines, son travail fait l’objet d’un livre (Grand Trail, 2015). Il essaye de poser un regard sensible face à ce sport qu’il ne pratique pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • « L’ultra-traileur est blanc, c’est un homme marié (hétérosexuel), éduqué. C’est ce que montrent la plupart des études », révèle la sociologue américaine Maylon Hanold. UTMB, France, 2014.
  • Boucler un ultra-trail est une fin pour certains. La grande majorité des coureurs ne s’en contentent pas et voyagent à travers le monde pour leur passion. Les plus mordus enchaînent 3, 4 ou 5 ultras par an. Marathon des Sables, Maroc, 2015.
  • En trail, tout le monde part sur la même ligne. Selon plusieurs études scientifiques, sur les très longues distances, la différence physique entre hommes et femmes tend à disparaître. Emelie Forsberg, France, 2015.