Antoine Gyori

La Russie de Poutine

Le nouveau pouvoir des icônes
La récente condamnation des Pussy Riot a non seulement montré que la liberté d’expression était encore très restreinte en Russie mais que des liens étroits unissent Vladimir Poutine et l’Eglise orthodoxe russe. Le patriarche Kirill a joué en effet un rôle non négligeable dans cette affaire.

On peut se demander, avec raison, si la place grandissante qu’occupe aujourd’hui l’Eglise orthodoxe dans la société russe est simplement le signe d’un renouveau spirituel, attendu après tant d’années de matérialisme, ou bien l’ultime ruse d’un pouvoir qui utilise la tradition religieuse pour asseoir définitivement son autorité.

Il ne faut donc pas regarder trop naïvement les photos d’Antoine Gyori. La ferveur évidente des fidèles et la beauté des cérémonies ne doivent pas faire oublier que les icônes sont certes de belles et saintes images mais qu’elles peuvent être aussi des outils efficaces pour ceux qui savent les manipuler.

Biographie

Antoine GyoriAntoine Gyori a commencé sa carrière en 1985 avec une série de reportages sur l’Amérique du Sud qui ont été publiés dans plusieurs magazines français et brésiliens. Il a rejoint le quotidien France Soir en 1986, puis a travaillé pour Le Figaro. En mai 1990, il a été recruté pour rejoindre le staff de l’agence de presse Sygma à Paris pour laquelle il a couvert des événements internationaux aussi divers que les élections présidentielles et la montée de l’intégrisme en Algérie, la guerre du Golfe, la guerre en ex-Yougoslavie, le conflit israélo-palestinien au cours de la  première et deuxième Intifada, les première et deuxième guerres en Tchétchénie, et la guerre en Irak. Il est allé deux fois en Afghanistan depuis le début de l’opération « Enduring Freedom ». La couverture de ces événements variés ne l’a pas laissé indemne.

Son accident sur le front bosniaque fournit un exemple des dangers que courent les photoreporters. Le 9 février 1993, lors d’un séjour à Sarajevo, en reportage pour Newsweek sur la ligne de front, Antoine Gyori rentre en contact avec les Serbes d’en face et réussit à les rejoindre pour photographier leur quotidien en première ligne. Pendant le trajet, son véhicule est pris pour cible. Une balle de snipper lui traverse le cou de part en part. Il réussit à arrêter seul l’hémorragie.

C’est un confrère de l’agence Sygma, Patrick Chauvel, qui le trouve au moment où il perd connaissance et réussit à le faire évacuer par les militaires français. Opéré en urgence, il est sauvé miraculeusement.

Antoine est maintenant basé à Paris où il travaille pour l’agence Corbis. Son travail est régulièrement publié dans Paris Match, Le Monde, Time, Newsweek et Stern. Ses photographies ont également reçu plusieurs prix, dont le prix Clarion en 1997 pour ses reportages en Tchétchénie. Il a été nominé au World Press en 1994 pour sa couverture sur Sarajevo.