Claudine Doury

Des Etats Baltes à la Russie, les nuits blanches

« Ma nuit fut plus belle que le jour » écrit Dostoïevski au début de son roman Les Nuits blanches (1848).

Cette nuit n’est pas n’importe quelle nuit. C’est la nuit la plus longue de l’année, fin juin, au moment du solstice d’été. Et proche du cercle polaire, comme ici à Saint-Pétersbourg, cette nuit ressemble à un jour sans fin.

Les peuples du Nord ont toujours particulièrement célébré le retour de la lumière après des mois de totale obscurité. Dans les campagnes russes, on fabrique un homme de paille et on célèbre alors Ivan Kupala, un rite païen qui trouverait son origine dans le culte de Kupala, dieu de l’amour et de la fertilité. A l’image des feux de la Saint-Jean chez nous, la fête d’Ivan Kupala mélange croyances populaires et rites religieux. Elle est l’occasion de grands feux, de célébrations au soleil et de rituels de fécondité.

A Saint-Pétersbourg, les rites sont d’un autre ordre : enterrements de vie de jeune fille, fêtes de fin d’année scolaire. On arpente sans fin la perspective Nevski. Mais partout une même effervescence. Les nuits blanches semblent être une métaphore de la vie humaine, brève et fragile. Tels des éphémères, on se déploie le temps d’une nuit. Mais cette nuit-là, tout aura été dit.

« Mon Dieu ! Une pleine minute de béatitude ! N’est ce pas assez pour toute une vie d’homme ? »  écrit Dostoïevski à la fin de son roman Les Nuits blanches.

Biographie

Portrait Claudine DouryDepuis plus de 20 ans Claudine Doury travaille sur le temps et les métamorphoses. La photographe a documenté les mutations de peuples de Sibérie autant qu’elle s’est attachée à explorer les différentes facettes de l’adolescence, depuis les confins de la Crimée jusqu’à sa famille immédiate.
Membre de l’agence VU, elle est représentée aujourd’hui par la Galerie Particulière à Paris et la Box Galerie à Bruxelles, galeries dans lesquelles elle a récemment exposé.

Elle a reçu plusieurs distinctions pour son travail, notamment le Prix Niepce en 2004, le Prix Paris-Match en 2000, le World Press (catégorie Nature et environnement) et le Prix Leica Oscar Barnack en 1999.µ
Elle a publié des ouvrages comme Sasha (Editions du Caillou Bleu, 2011), Loulan Beauty (Editions du Chêne, 2007),  Artek, un été en Crimée (Editions de la Martinière, 2004) et Peuples de Sibérie (Editions du Seuil, 1999).

www.claudinedoury.com