Le mur de Lima

 

Qu’ils séparent des pays, entourent des villes ou traversent des quartiers, qu’ils soient fait de béton, de grillages ou de barbelés, la prolifération de ces murs est le symbole de la séparation et de l’invisibilisation. La volonté de sécurité entraine également la multiplication des « gated communities », résidences « blindées », retranchées derrière des murs et barbelés.

 

En 1986, sur le modèle berlinois, les autorités péruviennes ordonnent la construction d’un mur sur les hauteurs de Lima, la capitale péruvienne. Le mur devait protéger les quartiers huppés de Las Casuarinas et La Molina de l’arrivée des populations affluant des campagnes. Aujourd’hui, près de 60 000 familles vivent dans le bidonville de Pamplona Alta. Les deux «communautés» se partagent les deux faces de la même colline, les maisons en bois aux toits de tôle contrastent avec les villas luxueuses.

Ce mur de béton et de pierres, de 10 kilomètres de long et de 3 mètres de haut, symbolise abruptement le fossé socio-économique entre nantis et démunis, leur impossible dialogue.

 

Credits : Gaël Turine, MAPS

Gael TURINE

Entre 2012 et 2014, Gaël Turine a concentré son regard sur le mur marquant la frontière entre l’Inde et le Bangladesh. Ses travaux ont donné lieu en septembre 2014 au livre « Le mur et la peur ». Il a également contribué à de nombreuses anthologies.

Gaël Turine est fortement impliqué dans la formation des jeunes photographes et a dirigé des ateliers en Turquie, en Haïti, au Bangladesh et au Ghana.