Nuits blanches

 

Retour à l’endroit où j’ai passé mon enfance, Saint-Petersbourg.

Une ville où les rues et la langue me sont profondément familières mais où je me sens simultanément comme une invitée, une étrangère, une intruse. Peu à peu, j’abandonne la recherche de points communs pour accepter l’isolement et la séparation. J’accueille la contradiction. (…)

Je remarque de plus en plus les façons dont les individus sont livrés à eux-mêmes. Il y a peu d’endroits où aller en cas de coup dur ; ce sont souvent des charlatans qui offrent de faux espoirs et de salut, ou le soulagement temporaire de l’alcool et des drogues qui s’avère le plus ef – cace. Plus grave est l’absence de stabilité et la manière dont les gens sont soumis à la nature arbitraire de l’État.

J’essaie de capter ces humeurs, aussi complètement et imparfaitement que ma perception le permette.

L’aspiration à la chaleur et à la tranquillité est accablante; chacun reste finalement qu’avec l’espoir et la conviction qu’il n’est pas seul. »

 

Credits : Alisa Resnik, MAPS

 

Alisa Resnik

 

Fille d’acteurs, Alisa Resnik est fascinée dès son jeune âge par la création de mondes imaginaires et la scénographie. En 1990, sa famille quitte l’Union soviétique en pleine dissolution et s’installe à Berlin. En 1996, Alisa entreprend des études d’histoire de l’art et de philosophie. Elle se lance dans la photographie en 2008. Elle profite de voyages à travers l’Europe pour acquérir de l’expérience derrière la caméra.

De retour en Russie et en Ukraine, elle photographie des scènes de rue à Saint-Pétersbourg et à Odessa.