Frontieres (Haiti et la migration vers Rep. Dominicaine)

 

📍 Saint-Julien | Médiathèque

 

En 2013, une nouvelle crise migratoire éclatait à la frontière entre Haïti et la République dominicaine, deux pays aux histoires complexes, complémentaires, contradictoires, réunis sur l’île caribéenne de Quisqueya. La Cour constitutionnelle dominicaine venait de rendre une sentence qui menaçait 200.000 dominicains d’origine haïtienne d’apatridie. Des personnes nées sur le territoire dominicain à l’heure où le jus soli était encore en vigueur allaient devoir prouver que leurs parents, à l’époque de leur naissance, n’étaient pas « en transit » et bénéficiaient d’un permis de travail ou de séjour. S’il n’y parvenaient pas, ils se verraient retirer leur nationalité dominicaine et devraient entamer le processus de régularisation des étrangers selon le plan lancé par le gouvernement dominicain. Or, cette population est l’une des plus touchées par l’insécurité juridique et le manque de reconnaissance légale, formant le principal d’une main d’oeuvre corvéable qui a fait la force de l’industrie sucrière et agricole dominicaine. Lorsque le plan de régularisation a pris fin en juin 2015, de nombreuses déportations de ces Dominicains d’ascendance haitienne, mais aussi des travailleurs haïtiens sans papiers installés en République dominicaine depuis de nombreuses années, ont commencé.

Les gens étaient arrêtés et déportés alors qu’ils se rendaient au travail, faisaient la lessive, que leurs enfants étaient à l’école ou leur mari au travail.
Suite aux déportations, le paysage de la zone frontalière a été redessiné. La bataille commerciale s’y est accrue. De nouveaux rapports se sont négociés, des camps de rapatriés aux conditions de vie infâmes ont vu le jour et des destinées sont parties en fumée.


Il fallait poser un regard lucide sur cet espace frontalier. Il fallait être proche de ceux qui y vivent. Pendant de longues semaines, nos photographes et journalistes s’y sont immergés. Ils nous racontent leurs rencontres, des tranches de l’expérience humaine et le roman des rapatriés haïtiens, ces Autres. Le parti pris du Kolektif 2 dimansyon est celui de poser des regards simples sur les choses et les êtres, de dépasser nos propres préjugés et de partager avec nos lecteurs et lectrices, image après image, des moments réflexifs sur le monde et notre humanité.
Fotopaklè, la revue dont cette exposition est le miroir, veut rapatrier la photo sur le terrain où elle sert le plus, celui du témoignage. Ce sera peut-être un bon point de départ pour discuter des images produites sur notre pays, Haïti, sur le sens de l’autre, et y ménager un peu plus de place pour le récit par la photo

 

Credits : Kolektif 2 Dimansyon

 

Pratique : du Lundi au Vendredi : 9h-12h30/14h-18h, Samedi: 9h-12h30